Au cours de mon engagement politique, j’ai assisté à 11 débats budgétaires au total. Huit à Bienne et trois dans le Canton. Si l’on veut interpréter leurs résultats dans le jargon du football, ces «matches» se sont soldés par 8 défaites et 3 victoires. Bien entendu, il n’est pas nécessaire d’avoir des connaissances particulières pour deviner sur quel terrain les défaites ont été concédées et où les victoires ont eu lieu.
Lors du dernier débat budgétaire au Grand Conseil, nous avons toutefois dû prendre des décisions très difficiles. Le Gouvernement, dominé par les partis bourgeois, a établi, à la demande du Parlement, une liste de priorités en matière d’investissements. Il a privilégié les investissements urgents, repoussé les moins urgents, et proposé de ne pas réaliser du tout certains projets de construction. Et comme c’est un fait bien connu que les politiciens préfèrent ouvrir un musée plutôt que d’en fermer un, cette attitude était une première dans l’histoire de notre canton. Elle n’était pas tout à fait fortuite. D’une part, on était obligé de respecter le frein à l’endettement, qui est désormais appliqué avec un peu plus de souplesse. D’autre part, le Gouvernement regardait avec inquiétude la situation financière de nos hôpitaux. Il est évident que nous allons devoir faire face à des «plans de sauvetage» à couper le souffle. Bien entendu, ces décisions impopulaires ont suscité l’inévitable indignation à gauche.
Le Canton de Berne a réduit son endettement de 10 à 6 milliards; la Ville de Bienne doit même s’endetter pour ses dépenses courantes.
Pendant le débat, nous avons été couverts d’injures flatteuses telles que «hystériques de l’austérité», «démolisseurs sociaux» et l’un d’entre nous nous a tout simplement recommandé d’aller voir un psychiatre. Il va sans dire qu’il n’était pas question d’un paquet d’économies, mais le raisonnement des dépensiers effrénés est le suivant: on demande un milliard, on obtient 500 millions et on affirme ensuite avoir économisé 500 millions. En réalité, le Canton a augmenté sa dette de 500 millions de francs et les dépenses augmentent sans retenue dans les transports publics, l’éducation et le domaine social.
Mais venons-en aux défaites auxquelles j’ai assisté lors des huit débats budgétaires au Conseil de Ville de Bienne. La gauche y est toute puissante, et elle s’est présentée à en rangs serrés. Tout a été approuvé: des bâtiments scolaires hors de prix, des subventions culturelles généreuses et de nombreux nouveaux postes.
Cela a toutefois eu des conséquences: La ville de Bienne frôle le milliard de dettes.
En revanche, le Canton a pu réduire sa dette astronomique de 10 milliards à 6 milliards et son remboursement annuel de 300 millions de francs à 59 millions de francs